comment reconnaître un vrai émail cloisonné chinois en brocante
Il est presque impossible de arpenter les allées d'une brocante sans croiser, à un moment ou à un autre, une petite coupelle, une boîte ou un vase métallique aux couleurs éclatantes, orné de fleurs de lotus ou de dragons. Les émaux cloisonnés chinois font partie des grands classiques de la chine du dimanche.
Importés en masse en Europe depuis le XIXe siècle, ils intriguent souvent par leur complexité. Mais comment savoir si cette petite potiche colorée vendue 10 euros par un exposant est une belle pièce d'époque Napoléon III (très friande d'art asiatique) ou une production touristique des années 1980 ? Voici quelques clés tranquilles pour analyser un cloisonné.
c'est quoi exactement, l'émail cloisonné ?
Avant de l'examiner, il faut comprendre comment c'est fait. C'est un travail d'orfèvre ! L'artisan part d'une base en cuivre ou en laiton. Sur cette forme, il vient souder de minuscules fils métalliques (les fameuses "cloisons") pour créer les contours du dessin.
Ensuite, il remplit ces petites cases avec de la poudre d'émail de différentes couleurs. L'objet est cuit au four, l'émail fond et se vitrifie. Il faut souvent plusieurs remplissages et cuissons avant de poncer et de polir la pièce pour qu'elle soit toute lisse, et enfin de dorer les fils métalliques apparents. Un vrai travail de patience !
comment repérer un cloisonné ancien d'une copie récente ?
Le marché regorge de pièces modernes, fabriquées très rapidement. Pour repérer une pièce ancienne (du XIXe siècle ou du début du XXe siècle), sollicitez vos sens :
1. le test du poids
Prenez le vase ou la coupelle en main. Une pièce ancienne est généralement assez lourde. Les artisans d'autrefois utilisaient une base en cuivre épaisse pour que l'objet résiste aux multiples cuissons au four. Les productions modernes des années 70 à aujourd'hui utilisent des tôles métalliques très fines : l'objet paraîtra étrangement léger.
2. le détail qui trompe : les petites bulles
C'est le secret bien gardé des experts. Prenez une loupe (ou utilisez le zoom de votre téléphone) et regardez la surface de l'émail, particulièrement dans les zones unies. Dans les pièces anciennes, la cuisson au feu de bois créait des impuretés et l'émail faisait de minuscules petites bulles en éclatant. On appelle cela des piqûres. La surface d'un cloisonné ancien n'est donc presque jamais parfaite, elle présente de micro-trous. À l'inverse, un cloisonné moderne cuit dans un four électrique industriel aura un émail parfaitement lisse et immaculé, presque comme du plastique.
3. la finesse des fils et la dorure
Sur une belle antiquité, les fils qui forment le dessin sont d'une incroyable finesse et d'une grande fluidité. Sur les copies, les motifs sont souvent plus simples, plus "grossiers", pour gagner du temps. Regardez aussi le métal apparent (au niveau du col ou de la base du vase) : sur une pièce ancienne, c'est souvent du bronze doré à l'or fin, avec une belle patine douce et un peu usée. Sur une pièce récente, c'est un laiton très brillant, très "jaune".
le piège à éviter en vide-grenier
Vous avez trouvé un vieux cloisonné bien lourd et piqué ? Super ! Mais avant de l'acheter, passez votre doigt sur toute la surface. L'émail est une matière fragile, un peu comme du verre. Si l'objet est tombé par le passé, l'émail a pu sauter, laissant un trou qui laisse apparaître le cuivre en dessous. On appelle cela un "saut d'émail".
Attention : Contrairement à la porcelaine qui peut se restaurer, un saut d'émail sur un cloisonné est quasiment impossible à réparer de façon invisible, même par un professionnel. Un choc visible fait chuter la valeur de l'objet de façon drastique. N'achetez des pièces abîmées que si c'est pour votre seul plaisir décoratif, à tout petit prix.
Et vous, êtes-vous attiré par ces objets si colorés quand vous chinez ? Avez-vous déjà repéré des "piqûres" sur un émail ? Racontez-nous tout en commentaire !
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