comment lire et reconnaître les signatures sur la porcelaine chinoise en brocante
C'est le réflexe universel de tout chineur : on repère une belle assiette asiatique ou un vase décoré sur un stand, on le prend en main, et on le retourne immédiatement pour regarder le dessous. Et là, c'est le mystère. Un carré rouge, des caractères bleus peints à la main, un tampon effacé... Que signifient ces symboles ?
Déchiffrer une signature sur de la porcelaine chinoise (ou japonaise) est un art complexe, mais il n'est pas nécessaire de parler couramment mandarin pour éviter les pires erreurs en vide-grenier. Voici les bases tranquilles pour comprendre ce qui se cache sous vos trouvailles.
les marques de règne : le graal du chineur
Sur les pièces anciennes de belle qualité, la signature est généralement peinte à la main en bleu sous couverte (sous l'émail). On l'appelle la marque de règne, ou Nianhao.
Elle se compose le plus souvent de 6 caractères (parfois 4) disposés en colonnes. Ces caractères se lisent de haut en bas et de droite à gauche. Ils indiquent deux choses primordiales :
- Le nom de la dynastie (ex: la grande dynastie Ming ou Qing).
- Le nom de l'empereur sous lequel l'objet a été fabriqué (ex: l'empereur Kangxi ou Qianlong).
L'astuce SEO et chine : Si vous trouvez une marque manuscrite bleue à 6 caractères, prenez-la en photo avec votre smartphone. Des applications comme Google Lens ou des sites spécialisés (comme Gotheborg.com, la bible en la matière) vous permettront de comparer les symboles et de trouver le nom de l'empereur correspondant.
le grand piège des marques "apocryphes"
Attention, c'est la règle d'or des antiquités asiatiques : ce n'est pas parce qu'il y a écrit "Ming" que c'est de l'époque Ming !
En Chine, copier les chefs-d'œuvre du passé n'a longtemps pas été considéré comme de la contrefaçon, mais comme une marque de profond respect pour les anciens artisans. Ainsi, au 19ème siècle (sous la dynastie Qing), on a fabriqué des millions de porcelaines en y apposant fièrement la signature d'un empereur Ming mort 300 ans plus tôt ! On appelle cela une marque apocryphe.
Aujourd'hui, les faussaires modernes font la même chose pour tromper les touristes. Pour dater un objet, la signature seule ne suffit jamais : il faut analyser la qualité de la porcelaine, les couleurs et l'usure de l'émail.
le fameux "cachet rouge" carré
C'est ce que l'on croise le plus souvent le dimanche matin sur les tréteaux. Vous retournez un vase et vous voyez un carré rouge (parfois ocre) rempli de caractères très stylisés, ressemblant à un labyrinthe. Il s'agit d'une marque en forme de sceau (ou Zhuanshu).
- Si le cachet rouge est peint à la main : L'objet peut dater de la fin du 19ème siècle ou du début du 20ème siècle (période de la République). Ce sont des pièces d'exportation intéressantes.
- Si le cachet rouge est un tampon (imprimé) : Soyez prudent. Depuis les années 1960 et jusqu'à aujourd'hui, les usines chinoises et macanaises utilisent des tampons rouges pour décorer les vases destinés à la décoration de masse. L'objet a une valeur purement décorative (quelques euros).
la mention "made in china" ou les lettres occidentales
Soyons clairs : si vous lisez sous votre tasse ou votre potiche la mention "Made in China", "China", "Macau" ou "Hong Kong", l'objet n'est pas une antiquité impériale.
L'obligation d'indiquer le pays d'origine en lettres occidentales pour exporter vers les États-Unis ou l'Europe date de la fin du 19ème siècle (le fameux McKinley Tariff Act de 1890). La mention "Made in China" en toutes lettres est apparue vers 1919 et s'est généralisée ensuite. Cela reste de la vaisselle vintage sympathique (parfois très jolie dans un intérieur moderne), mais ce n'est pas de la haute antiquité.
Avez-vous le réflexe de photographier les signatures sous les objets que vous chinez ? Avez-vous déjà réussi à identifier un empereur ? Partagez vos expériences en commentaire !
Ajouter un commentaire
Commentaires