Chiner du Ruytchi Souzouki : Le trésor du surréalisme japonais sauvé des poubelles de l'Histoire

Publié le 11 mai 2026 à 18:55

Chiner du Ruytchi Souzouki : Le trésor du surréalisme japonais sauvé des poubelles de l'Histoire

S'il y a un nom qui fait frissonner les véritables rats de bibliothèques et les chineurs les plus pointus, c'est bien celui de Ruytchi Souzouki (1904-1985). Oubliez les parcours classiques. La vie de cet artiste est un véritable roman d'aventures qui s'est achevé dans une tragédie absolue, faisant de ses œuvres le "Saint Graal" des chineurs d'aujourd'hui.

Du Brésil à Montparnasse : Un destin fulgurant

Né à Yokohama, Souzouki étudie l'art occidental au Japon avant de suivre son père banquier au Brésil (Rio de Janeiro) au début des années 1920. C'est là que le célèbre poète français Paul Fort le repère et, fasciné par son talent brut, le convainc de venir à Paris.

Dès 1922, il expose à la Galerie Manuel Frères avec une préface d'André Salmon. Tsugouharu Foujita le prend sous son aile (il en fera même un portrait gravé) et le présente au richissime mécène Jirohachi Satsuma. Souzouki a tout pour devenir une star mondiale. Il fréquente Max Ernst, s'initie au surréalisme, publie des articles dans la mythique revue Bizarre et explore les méandres de la psychanalyse.

Pourtant, le destin va s'acharner. Souzouki va peu à peu s'isoler dans son atelier de la rue Mouton-Duvernet, fuyant le monde de l'art. (Petite anecdote pour les cinéphiles : il a fait une apparition en 1973 dans le film Les Gaspards de Pierre Tchernia, dans le rôle d'un touriste japonais !).

L'Incroyable Vente Drouot de mars 1986 : Pourquoi ses œuvres sont-elles en brocante ?

Souzouki meurt dans le dénuement le plus total en 1985. Personne ne réclame son corps ; il est jeté dans la fosse commune du cimetière de Thiais. Mais l'histoire de son art est encore plus folle : sa concierge récupère le contenu de son atelier. En mars 1986, tout est dispersé aux enchères à l'Hôtel Drouot. Et c'est ici que l'histoire intéresse les chineurs : les lots invendus lors de cette vente ont été littéralement envoyés à la décharge !

Beaucoup d'œuvres ont été sauvées in extremis des poubelles parisiennes ou rachetées pour une bouchée de pain. Voilà pourquoi, aujourd'hui, vous pouvez tomber sur un chef-d'œuvre de Souzouki dans un vide-greniers de quartier ou chez un débarrasseur qui n'en connaît pas la valeur.

L'Œil de l'Expert : Que chercher et comment l'identifier ?

L'œuvre de Souzouki est en pleine réhabilitation, notamment grâce au formidable travail du galeriste François Deneulin (qui lui a dédié un site de référence et une exposition en 2016) et de la Galerie Vallois. Voici ce que vous devez traquer :

  1. Les Collages Surréalistes et la Pop Culture : Souzouki était un maître du collage (fortement inspiré par Max Ernst). Il utilisait la culture populaire : Fantômas, Arsène Lupin, et même Brigitte Bardot ! (L'éditeur Eric Losfeld a publié un recueil de ses caricatures de BB en 1960). Si vous trouvez un collage étrange des années 50/60, vérifiez la signature.
  2. L'Ésotérisme et les "Cosmogonies" : Dans la seconde partie de sa vie, ses œuvres portent souvent des titres liés à la mystique : Kabbale, Méditation Zen, ou Cosmogonie.
  3. LE PIÈGE ABSOLU : Ne le confondez pas avec Ryozo ! Ruytchi Souzouki signait généralement "R. Souzouki" ou "Souzouki". Attention, le marché de l'art est parfois paresseux et confond souvent ses œuvres avec celles d'un autre peintre japonais de l'époque : Ryozo Souzouki (1898-1958). Ryozo peignait de manière plus sage. Si l'œuvre est éclatée, onirique, ou intègre des collages, c'est du Ruytchi !

Vous pensez avoir sauvé un Souzouki de l'oubli ? Aujourd'hui, rendre la lumière à cet artiste maudit est un devoir pour tout passionné d'art. Prenez en photo le recto, le verso et les détails de la technique, et contactez-nous immédiatement à estimationbrocante@gmail.com.

Chiner, ce n'est pas seulement décorer, c'est parfois réparer les injustices de l'Histoire. Gardez l'œil ouvert avec www.reussirdanslabrocante.fr !

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