Chiner du Kiyoshi Hasegawa : Comment repérer les gravures du maître japonais de l'ombre ?

Publié le 11 mai 2026 à 18:59

Chiner du Kiyoshi Hasegawa : Comment repérer les gravures du maître japonais de l'ombre ?

Dans le sillage de Foujita, de nombreux artistes japonais ont débarqué à Montparnasse dans les années 1920. Si l'on pense souvent à la peinture à l'huile, le véritable Graal du chineur de papier se trouve du côté de la gravure, avec un nom qui murmure à l'oreille des initiés : Kiyoshi Hasegawa (1891-1980).

Arrivé en France en 1919 pour ne plus jamais en repartir, Hasegawa n'a pas eu la fin tragique d'un Saeki, mais il possède un atout majeur pour nous autres chineurs : il a produit des estampes. Et qui dit estampe, dit multiples (souvent tirés à 50 ou 100 exemplaires). Il est donc statistiquement beaucoup plus probable de tomber sur un Hasegawa authentique au fond d'un carton à dessins en brocante que sur une toile unique !

Le magicien de la "Manière Noire"

Le grand secret de Hasegawa, c'est d'avoir ressuscité une technique de gravure ancienne et extrêmement difficile : la manière noire (ou mezzotinto).

Contrairement à la gravure classique où l'on creuse des traits noirs sur fond blanc, la manière noire consiste à rendre la plaque de cuivre rugueuse pour qu'elle retienne totalement l'encre (ce qui donnerait un aplat noir absolu). L'artiste vient ensuite lisser la plaque avec un outil pour créer les zones claires. Le résultat ? Des fonds d'un noir profond, velouté, presque mystique, d'où émergent des sujets baignés dans une lumière spectrale.

En brocante, ces œuvres attirent l'œil par leur contraste saisissant et leur ambiance profondément onirique.

L'Œil de l'Expert : Comment identifier une estampe de Hasegawa ?

Vous fouillez dans le bac à gravures d'un marchand aux Puces ? Voici ce qui doit faire battre votre cœur :

  1. Le noir "velours" absolu : La technique de la manière noire offre un noir qu'aucune imprimante moderne ne peut reproduire. Il est mat, profond, sans aucun reflet. Si vous voyez une œuvre très sombre avec des dégradés de gris d'une douceur infinie, arrêtez-vous.
  2. Les sujets récurrents : Hasegawa avait ses obsessions. Cherchez :
    • Les oiseaux (souvent des petits passereaux, des colombes ou des oiseaux mystiques).
    • Les anémones et autres bouquets de fleurs dans de petits vases.
    • Des éléments inattendus intégrés aux natures mortes : des cartes à jouer, une clé, un coquillage, ou un masque.
    • De magnifiques vues d'arbres isolés.
  3. La justification et la signature : En bas de la gravure, au crayon à papier, vous trouverez souvent la justification à gauche (ex: 25/50 ou Épreuve d'artiste) et la signature à droite. Il signait "K. Hasegawa" ou "Kiyoshi Hasegawa" avec une écriture fine, élégante et très appliquée, souvent accompagnée d'un petit sceau rouge (cachet) en forme de carré.
  4. La trace de la cuvette : Comme toute vraie gravure, vous devez sentir un léger creux (la marque de la plaque de cuivre pressée) tout autour de l'image sur le papier.

Vous pensez avoir déniché une manière noire de Hasegawa entre deux vieilles lithographies abîmées ? Protégez-la immédiatement de la lumière, de l'humidité et ne la pliez surtout pas ! Les belles épreuves de Hasegawa sont très recherchées par les collectionneurs internationaux. Prenez des photos nettes de l'œuvre et de la signature, et contactez-nous pour une estimation sur estimationbrocante@gmail.com.

Le trésor est souvent caché dans l'ombre... et chez Hasegawa, l'ombre est un chef-d'œuvre ! À très vite sur www.reussirdanslabrocante.fr.

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