L'Art d'Edo en Brocante : Hokusai et la magie du "Monde Flottant"
Pendant plus de 250 ans, le Japon de l'époque Edo s'est fermé au reste du monde. Dans ce climat de paix, une nouvelle bourgeoisie marchande s'enrichit et cherche à se divertir. C'est la naissance de l'Ukiyo-e, les "images du monde flottant". Et au sommet de cet art de la gravure sur bois trône un homme aux multiples pseudonymes : Katsushika Hokusai.
Comment reconnaître une véritable estampe de l'époque Edo en brocante ?
Si la Grande Vague de Kanagawa est l'œuvre la plus reproduite au monde, il est encore possible de dénicher d'authentiques estampes (ou d'excellentes retirages de l'ère Meiji) dans les cartons à dessin des brocanteurs. Voici ce qu'il faut observer :
- Le format et le papier (Washi) : Une estampe d'Edo est imprimée sur du papier japonais (washi) fabriqué à partir de fibres de mûrier. Au toucher, il est souple, très résistant, et ne jaunit pas comme le papier occidental. Si vous retournez l'estampe, vous devriez voir les couleurs transparaître au dos, preuve que l'encre a bien pénétré la fibre sous la pression du tampon (le baren).
- L'utilisation du Bleu de Prusse : Avant Hokusai, les estampes paysagères japonaises étaient rares et souvent limitées en couleurs. Hokusai a révolutionné le genre (notamment avec ses Trente-six vues du mont Fuji) en utilisant massivement le "Bleu de Prusse", un pigment synthétique importé d'Europe. Un bleu profond, intense et qui ne fane pas au soleil.
- Les traces du bois (Bokashi) : L'Ukiyo-e est une gravure sur bois. Un œil attentif pourra parfois discerner les légères nervures du bois dans les grands aplats de couleur (comme le ciel ou la mer). De plus, les artisans japonais maîtrisaient le bokashi, une technique de dégradé subtil obtenue en essuyant l'encre sur le bloc de bois avant l'impression.
- Signatures et Sceaux de censure : Hokusai a changé de nom des dizaines de fois, mais ses œuvres (et celles de l'époque Edo en général) comportent toujours des cartouches. On y trouve la signature de l'artiste, le sceau de l'éditeur (souvent un petit carré ou cercle rouge), et le sceau de censure du shogunat, obligatoire pour autoriser la publication.
Vous avez mis la main sur une gravure encadrée avec le Mont Fuji en toile de fond ? Qu'il s'agisse d'un original d'Edo, d'un tirage tardif ou d'une page extraite de la fameuse Manga de Hokusai (ses carnets de croquis), l'estampe japonaise reste une valeur sûre de la décoration d'intérieur. N'hésitez pas à nous envoyer des photos des petits cartouches rouges et des signatures en gros plan sur estimationbrocante@gmail.com.
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