Estimer un bol chinois d'époque Qianlong : le graal du chineur
Parmi toutes les antiquités asiatiques, la porcelaine du règne de l'empereur Qianlong (1736-1795) occupe une place à part. C'est l'apogée absolu de la technique céramique chinoise. Si vous avez la chance de dénicher un bol authentique de cette période impériale, sa valeur peut rapidement atteindre des sommets (parfois plusieurs dizaines, voire centaines de milliers d'euros pour une pièce de commande impériale).
Mais comment le différencier d'une très bonne copie du XIXe siècle ou d'une contrefaçon moderne ? Voici les points précis qu'un expert va regarder.
La marque Qianlong : attention au style sceau (Zhuanshu)
Sous le règne de Qianlong, la marque (le nianhao) peinte sous la base du bol est très spécifique.
- Les six caractères : "Da Qing Qianlong Nian Zhi" (Fait sous le règne de Qianlong de la grande dynastie Qing).
- Le style de calligraphie : Contrairement aux époques précédentes où les caractères étaient classiques, la majorité des bols impériaux Qianlong utilisent le style "sceau" (Zhuanshu). Cela ressemble à un labyrinthe géométrique rouge (au rouge de fer) ou bleu (sous couverte).
- Le piège : C'est la marque la plus copiée au monde. Une marque Qianlong parfaitement droite, aux lignes raides et sans "vie" dans le coup de pinceau, est souvent le signe d'un tampon moderne. Sur une vraie pièce, on sent la fluidité du pinceau humain, même dans ce tracé géométrique.
L'apothéose des émaux "famille rose" (Fencai)
L'époque Qianlong est célèbre pour sa maîtrise totale des émaux de la "famille rose", introduits peu avant lui.
- Si votre bol comporte un décor floral, observez les dégradés. Les artisans de Qianlong mélangeaient les couleurs avec un émail blanc opaque pour créer des nuances douces, des ombres et un vrai relief (comme la peinture occidentale).
- Passez le doigt sur les fleurs : vous devez sentir une vraie petite épaisseur, un micro-relief de l'émail, particulièrement sur les roses et les verts.
Le fameux effet "peau d'orange" de la couverte
Nous en avons déjà parlé de manière générale, mais sous Qianlong, c'est une caractéristique essentielle. La couverte (le vernis transparent qui recouvre le bol) n'est jamais parfaitement lisse comme le verre d'une vitre. En l'inclinant face à la lumière, vous devez observer de minuscules ondulations, semblables aux pores d'une peau d'orange. C'est la signature d'une cuisson ancienne au feu de bois.
Le pied du bol (le talon)
Sur une pièce Qianlong de belle qualité, le talon (la base non émaillée sur laquelle repose le bol) est taillé avec une précision chirurgicale. Il est souvent très doux au toucher, presque soyeux, avec une pâte extrêmement blanche et pure, qu'on appelle "pâte de jade". S'il est rugueux et grossier, ce n'est probablement pas un bol impérial de cette période.
Un doute sur l'authenticité ou la valeur de votre trouvaille ?
Les pièces de la période Qianlong demandent un œil très averti, car les copies du XIXe siècle sont parfois de véritables chefs-d'œuvre à part entière ! Pour une estimation gratuite et confidentielle de votre bol chinois, n'hésitez pas à nous envoyer des photos (de face, du décor de près, et bien sûr de la marque sous la base) à ce mail : estimationbrocante@gmail.com
Merci d'avoir visité notre site www.reussirdanslabrocante.fr et à très vite pour de nouvelles découvertes passionnantes !
Ajouter un commentaire
Commentaires