Le chant du cygne de l'Empire : Identifier un vase de l'époque Guangxu (1875-1908)

Publié le 17 mai 2026 à 14:12

Le chant du cygne de l'Empire : Identifier un vase de l'époque Guangxu (1875-1908)

Si les règnes de Yongzheng et Qianlong représentaient l'âge d'or, le règne de Guangxu (sous la tutelle de l'Impératrice douairière Cixi) marque une fascinante période de "revival". Après la destruction des fours impériaux de Jingdezhen lors de la rébellion des Taiping dans les années 1850, la production est relancée.

Aujourd'hui, les porcelaines impériales "marque et époque" Guangxu s'arrachent, car elles représentent souvent la dernière opportunité pour les collectionneurs d'acquérir de véritables pièces impériales à des prix (relativement) abordables par rapport aux époques antérieures. Voici comment les reconnaître.

1. Le style "Dayazhai" : L'empreinte de l'Impératrice Cixi

L'empereur Guangxu n'avait que peu de pouvoir ; c'est l'Impératrice douairière Cixi qui dictait les goûts.

  • Elle a commandé un célèbre ensemble de porcelaines portant la marque Dayazhai (le nom de l'un de ses pavillons à la Cité Interdite).
  • Ces pièces se distinguent par des fonds de couleurs vives (souvent jaune impérial, turquoise ou vert pomme) ornés de motifs floraux très denses, de glycines, de pivoines, de dragons ou d'oiseaux (souvent peints en grisaille ou en noir).

2. Une Famille Rose plus "vive" (et parfois chimique)

L'époque Guangxu cherche à copier la virtuosité des époques Kangxi et Qianlong, mais les recettes des émaux ont évolué.

  • La Famille Rose est omniprésente, mais les teintes sont souvent plus intenses, voire légèrement plus criardes que sous Yongzheng.
  • L'introduction de pigments occidentaux à la fin du 19e siècle donne parfois des roses qui tirent vers le violacé ou le magenta, et des verts un peu plus durs.

3. La qualité de la pâte et l'effet "Peau d'orange"

C'est ici que l'œil du chineur doit être le plus attentif.

  • La porcelaine de la fin du 19e siècle est généralement plus lourde et plus épaisse que celle du 18e siècle.
  • L'émail (la couverte transparente) est souvent moins parfaitement tendu. Si vous regardez la surface du vase à la lumière rasante, vous remarquerez fréquemment un effet ondulé caractéristique, que les experts appellent "peau d'orange" (ou muslin effect en anglais).
  • La blancheur de la pâte est un peu plus grise ou crayeuse comparée au blanc éclatant de la période Yongzheng.

4. Une marque de règne omniprésente et spécifique

La production impériale de cette époque est très bien documentée et signée.

  • La marque à six caractères Da Qing Guangxu Nian Zhi ("Fait sous le grand règne de Guangxu des Qing") est souvent peinte à l'encre rouge de fer (sur les fonds blancs) ou en bleu sous couverte.
  • La calligraphie (souvent en style régulier Kaishu) est très standardisée, rigide, presque mécanique, par rapport aux traits de pinceau plus vivants des époques antérieures.

Le verdict du chineur

Un vase aux couleurs éclatantes, un peu lourd en main, avec un léger effet peau d'orange sur l'émail et une marque rouge au dos ? Vous êtes probablement en présence d'une pièce de l'époque Guangxu ! Longtemps considérées comme des "copies tardives" du 18e siècle, ces pièces ont acquis leurs lettres de noblesse et constituent aujourd'hui un marché très spéculatif.

Pour être sûr de ne pas confondre une pièce Guangxu avec une reproduction moderne du 20e siècle, envoyez-nous des photos bien nettes de la glaçure (avec un reflet de lumière) et de la marque sous la base à estimationbrocante@gmail.com.

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