Le faste du Royaume de Siam : Comment identifier l'Art Thaïlandais
L'art de la Thaïlande (anciennement le Royaume de Siam) est profondément marqué par deux éléments : une ferveur bouddhiste absolue qui a donné naissance à l'une des statuaires les plus élégantes d'Asie, et des échanges commerciaux intenses avec la Chine. En brocante ou en salle des ventes, deux grands types d'objets thaïlandais font le bonheur des collectionneurs : les statues en bronze et une céramique très particulière.
Voici les clés pour reconnaître les trésors de l'art thaïlandais.
1. La Statuaire Bouddhique : L'élégance absolue
Contrairement aux bouddhas chinois souvent plus massifs, le Bouddha thaïlandais se distingue par une anatomie idéalisée, presque fluide. Plusieurs époques dictent le style :
- Le style de Sukhothai (13e - 15e siècle) : C'est l'âge d'or classique. Le visage est ovale, les sourcils sont très arqués, le nez est aquilin, et surtout, on note la présence d'une flamme (le Ketumala) jaillissant du sommet du crâne. Les statues de "Bouddha marchant", avec leur posture déhanchée très gracieuse, sont typiques de cette période.
- Le style d'Ayutthaya (14e - 18e siècle) : Les visages deviennent un peu plus carrés, majestueux, et les statues sont souvent couronnées et parées de bijoux royaux richement décorés.
- Astuce : Ces bronzes anciens étaient souvent recouverts de feuille d'or ou de laque noire/rouge, dont il reste parfois des traces fascinantes dans les creux.
2. La Porcelaine Bencharong : Quand le Siam commande en Chine
C'est ici que l'art thaïlandais rejoint vos connaissances sur les dynasties Ming et Qing ! La porcelaine Bencharong (qui signifie "cinq couleurs" en sanskrit) est une céramique dont les formes et les motifs floraux (ou figures mythologiques comme les divinités Garuda et Kinnari) sont typiquement thaïlandais... mais qui était fabriquée dans les prestigieux fours de Jingdezhen en Chine !
- La technique : Il s'agit d'émaux sur couverte très épais, posés sur une porcelaine blanche. À partir du 19ème siècle, on y ajoute souvent d'abondantes dorures (on l'appelle alors Lai Nam Thong).
- L'usage : C'était la vaisselle exclusive de la famille royale thaïlandaise et de la haute noblesse du 18ème au 19ème siècle.
3. Les grès anciens : Sukhothai et Sawankhalok
Moins connues du grand public mais très prisées des connaisseurs, ces poteries vernissées (allant du 14e au 16e siècle) sont les véritables céramiques locales thaïlandaises. On y trouve de magnifiques céladons (des glaçures vert-de-gris) et des poteries aux motifs peints en brun/noir sous la glaçure (représentant souvent des poissons ou des fleurs).
Le verdict du chineur
Le marché regorge de copies de Bouddhas thaïlandais rapportées comme souvenirs de voyage dans les années 1970 à 2000. Pour différencier un bronze ancien d'une reproduction pour touriste, fiez-vous au poids (les fontes modernes sont souvent plus légères ou mal évidées), à la base (qui ne doit pas être parfaitement lisse) et surtout à la patine : un bronze ancien a une oxydation naturelle incrustée dans le métal, pas une couche de peinture verte artificielle !
Quant aux Bencharong, si les couleurs semblent plates et imprimées plutôt qu'en léger relief sous le doigt, passez votre chemin.
Vous avez chiné un bronze de divinité asiatique ou une poterie très colorée ? Partagez vos photos sur estimationbrocante@gmail.com !
Formez votre regard d'expert sur www.reussirdanslabrocante.fr !
Ajouter un commentaire
Commentaires