Eugenio Lucas Velázquez : Le "Goya" oublié que les chineurs doivent connaître

Publié le 19 mai 2026 à 19:47

Eugenio Lucas Velázquez : Le "Goya" oublié que les chineurs doivent connaître

Lorsque l'on cherche des tableaux anciens en brocante ou dans les petites ventes aux enchères, il est inutile d'espérer trouver un Goya ou un Velázquez authentique. En revanche, le marché regorge de petits maîtres régionaux et de suiveurs de génie dont la cote reste abordable, mais grimpe à mesure que l'histoire de l'art les redécouvre.

En Espagne, le 19ème siècle a produit un artiste exceptionnel, dramatique et fougueux : Eugenio Lucas Velázquez (1817–1870). Moins connu du grand public français, il est pourtant une star pour les collectionneurs avertis d'art hispanique.

Qui était Eugenio Lucas Velázquez ?

Né à Madrid, Eugenio Lucas Velázquez (à ne pas confondre avec le célèbre Diego Velázquez du 17ème siècle !) est le chef de file du Romantisme espagnol. Son grand idole ? Francisco de Goya. Lucas Velázquez a tellement bien assimilé le style, la touche rapide et les thèmes sombres de Goya qu'à une certaine époque, de nombreux musées et collectionneurs achetaient ses toiles en pensant acquérir d'authentiques œuvres du maître !

Son univers : Ce qu'il faut repérer sur le marché de l'art

L'œuvre de Lucas Velázquez est ce qu'on appelle en Espagne le Costumbrismo, c'est-à-dire la peinture des mœurs et des coutumes locales, mais souvent avec une touche dramatique ou satirique. En chine, voici les sujets typiques de cet artiste et de son cercle :

1. Les scènes de tauromachie et les Majas : Il excelle dans la représentation des corridas, des toreros blessés et des "majas" (ces femmes espagnoles vêtues de costumes traditionnels avec mantilles). Sa touche est nerveuse, empâtée, avec des contrastes de lumière très théâtraux.

2. L'Inquisition et les scènes de sorcellerie : Comme Goya, il adorait peindre les aspects les plus sombres de l'Espagne : tribunaux de l'Inquisition, processions religieuses lugubres, sabbats de sorcières. Des toiles souvent de petit format, peintes avec des tons ocres, bruns et noirs.

3. Les petits formats et les dessins : C'est là que le chineur a sa carte à jouer ! Si ses grandes toiles sont dans les musées (comme au Prado), Lucas Velázquez a produit énormément de petits croquis à l'encre, de lavis et de petites huiles sur panneau de bois ou sur cuivre. Ce sont ces œuvres intimes qui ressortent parfois d'anciens greniers bourgeois.


Le verdict du chineur

Comment expertiser une œuvre attribuée à l'école romantique espagnole ? La peinture de Lucas Velázquez se caractérise par une "tache" (la mancha en espagnol) très libre. Contrairement à la peinture académique française de la même époque, lisse et léchée, la peinture de Lucas est épaisse, rapide, presque brouillonne de près, mais incroyablement vivante de loin.

Attention aux attributions familiales ! On trouve souvent dans les successions des toiles étiquetées "Goya" par les grands-parents. Neuf fois sur dix, il s'agit d'œuvres du 19ème siècle réalisées par Eugenio Lucas Velázquez, ou par son fils (Eugenio Lucas Villaamil), qui a lui aussi peint dans ce style "goyesque", bien que de manière un peu plus vive et décorative. Regardez le support : une toile ou un châssis clouté avec des matériaux typiques du milieu du 19ème siècle (et non du 18ème) est un excellent indice.

Vous avez trouvé un tableau sombre et romantique qui vous fait penser à Goya ? Envoyez-nous des photos de la toile (recto et verso avec le châssis) sur estimationbrocante@gmail.com !

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