Kinkozan Sobei : Le joyau méconnu de la céramique japonaise à trouver en brocante
Lorsqu'on fouille dans les cartons d'une succession ou sur les étals d'un vide-greniers, on tombe parfois sur de curieux vases asiatiques, richement décorés d'or et de scènes minutieuses. Si beaucoup de chineurs connaissent vaguement le terme de "Satsuma" pour désigner cette faïence japonaise craquelée de couleur ivoire, peu connaissent le nom du plus grand atelier qui l'a exportée vers l'Occident à la fin du XIXe siècle : l'atelier Kinkozan, dirigé par Kinkozan Sobei (1824-1884) puis son fils (1868-1927).
Installé à Kyoto (et non dans la province de Satsuma, ce qui est le paradoxe de cette appellation !), cet atelier a produit des pièces d'un raffinement extrême, destinées presque exclusivement au marché européen et américain pendant l'ère Meiji.
Que chercher de l'atelier Kinkozan sur le marché des antiquités ?
Le style Kinkozan se distingue par une finesse d'exécution qui tranche avec les productions "touristiques" produites en masse au 20ème siècle.
1. Les décors miniatures ("Mille Fleurs" et scènes de cour) : C'est la grande spécialité de Kinkozan. Vous y trouverez des cartouches (fenêtres décoratives) peints avec une précision de miniaturiste. Scènes de la vie quotidienne de l'époque Edo, samouraïs, geishas dans des jardins, ou encore des motifs de papillons et d'oiseaux d'une délicatesse inouïe.
2. L'usage du bleu de cobalt et de l'or : Si les Satsuma classiques sont souvent sur fond crème, Kinkozan a popularisé l'utilisation d'un bleu de cobalt profond et sombre, magnifiquement rehaussé d'une dentelle d'or fin. Le contraste entre les cartouches clairs et le fond bleu nuit est saisissant.
Le verdict du chineur
Comment authentifier une pièce de Kinkozan ? Le secret se trouve sous la base ! L'atelier Kinkozan signait très souvent ses pièces. Cherchez un petit carré ou un cartouche peint (souvent en rouge de fer ou en or) contenant des kanjis japonais. Même sans lire le japonais, le sceau "Kinkozan" est assez reconnaissable avec ses traits caractéristiques. Parfois, pour les pièces d'exportation, vous trouverez même le nom écrit en lettres occidentales : "Kinkozan" ou "Kinkozan Kyoto".
Attention cependant, la cote dépend énormément de la qualité de la peinture. Kinkozan était un immense atelier avec différents niveaux de qualité. Prenez une loupe (le meilleur ami du chineur) : si les visages des personnages font moins de 3 millimètres mais ont des expressions parfaitement dessinées avec des cils et des sourcils distincts, vous tenez une pièce de maître qui peut valoir plusieurs centaines ou milliers d'euros.
Vous pensez avoir déniché une faïence de l'ère Meiji dans une brocante de campagne ? Envoyez-nous vite des photos nettes du décor et de la signature sous la base sur estimationbrocante@gmail.com !
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