Shibata Zeshin : Le génie de la laque japonaise à repérer en salle des ventes
Lorsqu'on chine des objets asiatiques, il est fréquent de tomber sur des boîtes noires ou rouges brillantes. Souvent, il s'agit de productions touristiques du 20ème siècle. Mais si votre œil est attiré par une boîte à écritoire (suzuribako) ou un petit inro (ces boîtes à compartiments que les Japonais portaient à la ceinture) aux textures surprenantes, vous pourriez bien être en présence d'une œuvre de Shibata Zeshin (1807–1891).
Zeshin n'était pas un simple artisan, c'était un alchimiste. Il a révolutionné l'art du urushi (la laque japonaise, issue de la sève de l'arbre à laque) en inventant des techniques trompe-l'œil incroyables.
Que chercher de Shibata Zeshin sur le marché des antiquités ?
Zeshin était un innovateur qui s'amusait à piéger l'œil de celui qui regardait ses œuvres.
1. L'imitation bluffante des matières (Seidô-nuri et autres) : C'est sa grande spécialité. Zeshin savait travailler la laque (une matière pourtant organique et légère) pour lui donner l'apparence exacte d'autres matériaux. Il pouvait faire ressembler une boîte en bois laqué à du bronze oxydé, du fer rouillé, du vieux cuir usé, de la céramique ou du bois flotté. Si vous tenez un objet léger qui a pourtant l'aspect parfait d'un métal lourd, la magie Zeshin opère peut-être.
2. Les peintures à la laque (Urushi-e) : Zeshin a aussi mis au point une technique extrêmement complexe permettant de peindre avec de la laque directement sur du papier ou de la soie (pour faire des estampes ou des rouleaux), ce qui était réputé impossible car la laque craquelle en séchant. Ses motifs de souris, de vagues, de courges ou de bambous sont d'une modernité et d'une fluidité époustouflantes.
Le verdict du chineur
Comment authentifier le travail de Shibata Zeshin ? Le premier indice est la texture. Une œuvre de Zeshin est rarement juste "lisse et brillante". Il aimait peigner la laque pour imiter les vagues (technique seigaiha), la poudrer de particules métalliques (or, argent, bronze) pour créer des effets mats, ou l'égratigner délibérément pour donner une illusion de patine antique.
La signature est primordiale mais attention, elle est souvent très discrète ! Zeshin signait parfois en grattant finement la surface de la laque avec une pointe d'aiguille, ou en cachant le caractère "Zeshin" (是真) dans un détail du décor, comme une feuille ou un rocher.
Ces pièces sont de véritables trésors de musée. Un authentique inro de Zeshin en bon état peut s'envoler à des dizaines de milliers d'euros sous le marteau des commissaires-priseurs.
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