Eduardo Arroyo : L'Espagne rebelle en aplats de couleurs
Né à Madrid en 1937 et décédé en 2018, Eduardo Arroyo a fui l'Espagne franquiste à la fin des années 50 pour s'installer à Paris. C'est là qu'il va utiliser la peinture comme une arme politique, avec un style très "Pop Art" mais chargé d'ironie et de critique sociale. Moins célèbre aujourd'hui que les géants comme Dalí ou Miró, il a pourtant laissé une empreinte immense et une production graphique (affiches, lithographies) très abondante en France.
Que chercher le dimanche matin sur les stands ?
Arroyo a beaucoup travaillé l'estampe. Ses œuvres sont souvent narratives, comme des scènes de théâtre figées ou des images de propagande détournées.
1. Les hommes au chapeau et les boxeurs Ce sont ses motifs fétiches. Arroyo adorait la boxe. Vous croiserez souvent dans ses œuvres des silhouettes de boxeurs des années 20, ou des hommes mystérieux portant des chapeaux ronds et des costumes sombres (souvent des représentations métaphoriques des dictateurs, des bourgeois ou des exilés).
2. Les ramoneurs et les chaussures Il a une obsession pour certains objets du quotidien, notamment les chaussures bicolores (souvent peintes de manière très plate) et les figures de petits ramoneurs. Ses compositions jouent souvent sur l'absurde.
Le verdict du chineur
Comment repérer la patte d'Eduardo Arroyo au fond d'un bac poussiéreux ?
- Les aplats purs et les contours nets : Comme ses amis Rancillac ou Fromanger, Arroyo refuse la touche impressionniste. Il peint par grands aplats de couleurs lisses et franches, souvent cernés. Les visages de ses personnages sont parfois totalement vides (sans yeux ni bouche).
- L'humour grinçant et l'iconographie espagnole : Ses œuvres détournent souvent les clichés de l'Espagne (toreros, danseuses de flamenco) pour s'en moquer.
- La signature : Il signe "Arroyo", généralement avec une écriture très ronde, généreuse et lisible, au crayon de papier en bas de ses lithographies.
Vous venez de tomber sur un portrait d'homme sans visage avec un chapeau melon, dans des couleurs dignes d'une bande dessinée des années 70 ? Vous tenez sans doute un Arroyo !
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