Design des Années 70 & 80 : Le Guide Pratique pour Repérer les Contrefaçons

Publié le 24 juin 2026 à 15:47

Design des Années 70 & 80 : Le Guide Pratique pour Repérer les Contrefaçons

C’est le graal de tout brocanteur : dénicher un fauteuil Togo de Michel Ducaroy pour Ligne Roset dans un vide-maison, ou tomber sur une table basse en plastique orange des années 70 pour quelques dizaines d'euros.

Cependant, le marché du vintage "Space Age" et "Postmoderne" est aujourd'hui saturé de reproductions. Certaines sont de simples hommages contemporains, d'autres sont de véritables contrefaçons vendues au prix de l'authentique. Pour ne plus jamais vous faire piéger, voici la check-list méthodologique des professionnels de l'art.


1. Le piège des matières : Le plastique et la mousse ne mentent pas

Les années 70 ont été l'âge d'or des polymères (ABS, polyuréthane, PVC). Mais le plastique de 1972 ne vieillit pas de la même manière que le plastique injecté en 2024 ou 2026.

  • Le poids et la densité : Les pièces éditées dans les années 70 par des maisons comme Kartell ou Artemide utilisaient des plastiques souvent plus épais et lourds qu'aujourd'hui. Une fausse chaise Pantone moderne semblera souvent étonnamment légère et "flexible" par rapport à une édition d'époque en mousse rigide de polyuréthane.
  • La patine du temps : Le plastique vintage jaunit sous l'effet des UV (surtout le blanc et les teintes claires) et présente de micro-rayures d'usage invisibles à l'œil nu mais perceptibles au toucher sous un angle de lumière rasante. Une pièce de 1975 parfaitement lisse, ultra-brillante et sans aucune trace d'usure sous sa base doit immédiatement éveiller vos soupçons.
  • L'odeur : Les mousses de rembourrage des années 70 (notamment pour les fauteuils de type Togo) ont tendance à s'effriter avec le temps, dégageant une fine poussière ou une odeur caractéristique de vieux polyuréthane. Une mousse moderne, très ferme et inodore, trahit souvent une réédition récente ou une copie.

2. Traquer l'estampille, le marquage et la visserie

Sur un meuble en bois classique, on cherche une estampille de menuisier. Sur du design industriel, on cherche les traces du moule ou de l'éditeur.

  • Le marquage dans le moule : Les éditeurs de l'époque moulaient directement leur logo, le nom du designer et parfois le numéro de brevet sous la pièce (par exemple, sous le pied des tables ou des chaises). Si le dessous d'une pièce en plastique est totalement lisse, sans aucune inscription en relief ou en creux, passez votre chemin.
  • L'analyse de la visserie : C'est le détail qui tue. Dans les années 70 et 80, on n'utilisait pas de vis cruciformes modernes ou de vis Allen (clé de serrage) standardisées telles qu'on les trouve aujourd'hui chez Ikea ou sur les sites de drop-shipping. Des vis à fente plate, des boulons spécifiques ou des assemblages rivetés d'époque sont des indicateurs d'authenticité précieux.

3. Le cas d'école : Le Togo de Ligne Roset

C'est le modèle le plus copié au monde. Pour différencier un vrai Togo vintage d'une réplique :

  1. Le dessous (la doublure) : Le dessous d'un vrai Togo Ligne Roset d'époque est recouvert d'une toile de jersey technique rayée ou siglée, très spécifique. Les copies utilisent souvent un tissu noir ou blanc bas de gamme non tissé.
  2. Les boutons : Les boutons de capitonnage d'un vrai Togo sont profondément ancrés dans la mousse pour créer ces plis si caractéristiques. Sur les copies bon marché, le capitonnage est superficiel et les plis manquent de profondeur.
  3. L'étiquette : L'étiquette en tissu cousue "Ligne Roset" possède une typographie bien spécifique selon la décennie de production. Étudiez l'évolution des logos de la marque pour dater précisément votre trouvaille !

En conclusion : Faites confiance à votre instinct (et à vos fiches techniques)

Ne achetez jamais une pièce de design importante sur un simple coup de tête ou sous la pression d'un vendeur pressé. Prenez toujours le temps de retourner l'objet, de l'inspecter sous toutes les coutures et, si nécessaire, d'ouvrir votre smartphone pour comparer les dimensions exactes fournies par les musées du design ou les catalogues d'époque. Un centimètre d'écart sur la hauteur d'une lampe Pipistrello peut suffire à démasquer une contrefaçon !


Et vous, vous êtes-vous déjà fait avoir par une copie de design vintage ? Quelle est votre astuce infaillible pour repérer une réédition sauvage sur les déballages ? Racontez-nous vos expériences dans les commentaires !

 
 

 

 

 
 
 

 

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