comment reconnaître un vrai bronze asiatique ancien en brocante
Au détour d'une allée, posé sur une nappe à carreaux, un Bouddha souriant ou un brûle-parfum chinois orné de dragons attire votre regard. L'objet est lourd, sombre, un peu poussiéreux. Le vendeur vous assure que c'est "du vrai bronze ancien". Mais dans le monde des antiquités asiatiques, le métal est sans doute la matière la plus copiée au monde.
Comment faire la différence entre un magnifique bronze de la fin du 19ème siècle (qui peut valoir une belle somme) et une reproduction moulée en usine il y a dix ans ? Voici quelques techniques tranquilles pour expertiser votre trouvaille directement sur le stand.
le test incontournable de l'aimant
C'est l'outil indispensable de tout bon chineur : un petit aimant glissé dans la poche. Le bronze est un alliage composé principalement de cuivre et d'étain. Ce sont des métaux dits "amagnétiques".
Si vous posez votre aimant sur le Bouddha ou le vase chinois et qu'il reste collé, reposez l'objet avec le sourire : ce n'est pas du bronze. Il s'agit probablement de fer ou de fonte recouverte d'une patine pour imiter l'ancien. Si l'aimant glisse et ne s'accroche pas, c'est bon signe, mais l'enquête continue (le laiton et le régule ne sont pas magnétiques non plus !).
traquer la fausse patine "vert de gris"
Les faussaires savent que les collectionneurs aiment les objets qui ont du vécu. Un bronze antique développe naturellement au fil des siècles une oxydation (une patine) aux reflets bruns, rougeâtres ou vert-de-gris, particulièrement dans les creux de la sculpture.
Pour imiter cela, les usines modernes appliquent des acides chimiques qui créent une fausse oxydation verte, souvent très criarde (presque fluo) et poudreuse.
- L'astuce de pro : Passez votre ongle ou un mouchoir légèrement humide sur cette poudre verte. Si elle s'écaille, s'effrite facilement ou vous tache les doigts de façon suspecte, fuyez. Une vraie patine ancienne fait corps avec le métal, elle ne part pas d'un coup de chiffon.
la finesse des détails (la technique de la cire perdue)
Les anciens artisans chinois et japonais utilisaient souvent la technique de la "cire perdue" pour couler leurs bronzes. Ce procédé permettait d'obtenir des détails d'une incroyable finesse, notamment sur les visages des divinités, les écailles des dragons ou les motifs des brûle-parfums. L'objet était souvent repris à la main, ciselé à froid pour parfaire les finitions.
Regardez attentivement les mains du Bouddha, ou les crins du cheval que vous avez en face de vous. Si les traits sont flous, empâtés, ou s'il y a des traces de "coutures" (une ligne de moulage qui traverse l'objet de haut en bas), c'est une production industrielle en série. Une antiquité asiatique de qualité ne tolère pas la médiocrité dans ses détails.
bronze, laiton ou régule ? le test de la rayure
Beaucoup d'objets vendus comme "bronzes" sont en fait en laiton (plus jaune et plus brillant, souvent utilisé pour la décoration courante) ou en régule (un alliage pauvre, beaucoup plus léger et cassant).
Si le vendeur est d'accord, regardez le dessous de l'objet (là où il repose sur la table). Si le métal est très usé, quelle couleur apparaît en dessous de la patine foncée ?
- Un reflet jaune doré à rougeâtre ? C'est probablement du bronze ou un beau laiton ancien.
- Un reflet blanc/gris métallique ? C'est du régule ou de la calamina, un métal blanc qu'on a teinté en surface pour faire "illusion bronze". La valeur est alors purement décorative.
Et vous, avez-vous toujours un aimant dans votre poche pour chiner le dimanche ? Quelle est votre plus belle trouvaille en métal asiatique ? Discutons-en dans les commentaires !
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