comment reconnaître et dater les émaux cloisonnés asiatiques en brocante

Publié le 9 avril 2026 à 16:14

comment reconnaître et dater les émaux cloisonnés asiatiques en brocante

C'est un objet qui attire toujours l'œil sur une table de vide-grenier : un vase, une petite boîte ou une assiette aux couleurs éclatantes, décorée de fleurs de lotus, de dragons ou d'oiseaux, le tout cerclé par de minuscules fils dorés. Les émaux cloisonnés asiatiques (principalement de Chine ou du Japon) sont de grands classiques de la chine.

Mais comment faire la différence entre une magnifique pièce du 19ème siècle (période Qing ou ère Meiji) et un bibelot fabriqué en série dans les années 1980 ? Voici quelques techniques très simples pour évaluer un cloisonné directement sur le stand.

le test du toucher : l'astuce imparable

La technique du cloisonné est un travail de titan. L'artisan prend une base en cuivre, y soude de fins fils de laiton (les "cloisons") pour dessiner les motifs, puis remplit les espaces avec de la poudre d'émail. L'objet est ensuite cuit au four, puis longuement poli à la pierre ponce.

C'est cette étape de polissage qui va vous aider.

  • Passez le bout de vos doigts ou votre ongle sur la surface du vase. Sur une pièce ancienne de belle qualité, le polissage manuel a été fait avec un soin extrême. La surface est douce, parfaitement lisse, et les fils de laiton sont parfaitement à ras de l'émail.
  • Sur les pièces modernes (ou de qualité "souvenir"), le polissage est expédié à la machine. Au toucher, vous sentirez des aspérités : l'émail forme parfois de petites bosses, ou les fils métalliques ressortent légèrement sous vos doigts.

traquer les "trous d'épingle" dans l'émail

C'est un détail qui rebute parfois les débutants, et pourtant, c'est un excellent signe d'ancienneté !

Sur les cloisonnés anciens (avant le milieu du 20ème siècle), les techniques de cuisson laissaient de minuscules bulles d'air éclater à la surface de l'émail. Si vous regardez l'objet de près (sortez votre loupe de chineur !), vous verrez de minuscules petits cratères, comme des "trous d'épingle" dans la couleur, particulièrement dans les zones bleues ou turquoises.

À l'inverse, les émaux modernes utilisent des pâtes synthétiques parfaites (parfois même de la résine au lieu de l'émail vitreux) qui donnent un résultat totalement lisse, brillant et sans aucun défaut de cuisson. Une perfection qui manque souvent de charme.

regarder le poids et le cul de l'objet

Les cloisonnés anciens utilisaient une base en laiton ou en cuivre épais et massif pour résister aux multiples cuissons. Quand vous prenez un vieux vase en main, il est étonnamment lourd et dense pour sa taille. Les productions modernes récentes sont souvent faites sur des feuilles de métal beaucoup plus fines et légères.

Examinez également le dessous (le cul du vase) et l'intérieur. Sur les très beaux cloisonnés chinois anciens, l'intérieur et le dessous sont souvent recouverts d'une épaisse couche d'émail bleu turquoise, ou parfois dorés à l'or fin. Les pièces japonaises anciennes présentent souvent un émail craquelé ou un fond uni très soigné. Si l'intérieur ressemble à du métal brut mal fini ou couvert de peinture industrielle, reposez l'objet.

attention aux motifs trop "parfaits"

L'artisanat ancien implique l'intervention de la main humaine. Les motifs floraux, même s'ils sont magnifiques, auront toujours de minuscules irrégularités. Les fils de laiton sont courbés à la pince avec patience. Si les motifs semblent avoir été dessinés par ordinateur, avec une symétrie absolument robotique, il s'agit très certainement d'une fabrication très récente en usine.

Avez-vous déjà craqué pour les couleurs flamboyantes d'un émail cloisonné en brocante ? Quel est votre motif préféré ? Racontez-nous vos trouvailles dans les commentaires !

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