Le Pinchbeck : le "faux or" qui affole les collectionneurs en brocante

Publié le 10 mai 2026 à 20:19

Le Pinchbeck : le "faux or" qui affole les collectionneurs en brocante

C'est un grand classique du dimanche matin : vous trouvez une grosse chaîne ancienne, un camée ou un large bracelet finement ciselé. La couleur est somptueuse, un jaune riche et profond typique de l'or 18 carats. Mais vous cherchez le poinçon (la fameuse tête d'aigle)... et rien. Le vendeur conclut rapidement : "C'est du plaqué ou du laiton, je vous le fais à 5 euros".

Avant de le reposer en pensant que c'est de la pacotille, arrêtez-vous un instant. Vous venez peut-être de croiser la route du Pinchbeck.

Inventé vers 1720 par l'horloger londonien Christopher Pinchbeck, cet alliage secret (mêlant cuivre et zinc dans des proportions très précises) imitait l'or de manière si troublante qu'il a berné la haute société de l'époque. Contrairement au laiton ordinaire ou au toc moderne, le Pinchbeck ne s'oxyde pas, ne noircit pas et garde l'éclat de l'or pur pendant des siècles. Aujourd'hui, les véritables bijoux en Pinchbeck (période géorgienne et début victorien) sont rarissimes et se revendent à prix d'or !

L'astuce du chineur : Les 3 indices pour démasquer le Pinchbeck

Comment faire la différence entre une vulgaire chaîne en laiton doré du 20e siècle et un trésor en Pinchbeck vieux de 200 ans ? Voici les secrets des experts :

  1. Le test de l'odeur (Le secret bien gardé) : Frottez vigoureusement le métal entre vos doigts pour le réchauffer, puis sentez vos mains. Le laiton ordinaire ou le cuivre dégagent une forte odeur métallique (cette fameuse odeur de "vieille pièce de monnaie"). Le Pinchbeck, lui, est quasiment inodore, se rapprochant des propriétés de l'or véritable.
  2. La finesse du travail joaillier : C'est l'indice visuel numéro un. Au 18e et 19e siècle, le Pinchbeck n'était pas travaillé par des machines, mais par de véritables maîtres joailliers qui utilisaient les mêmes techniques que pour l'or massif. Cherchez des ciselures extrêmement fines, des gravures délicates à la main, des repoussés parfaits et des fermoirs complexes (comme les fermoirs à cliquet cachés). La pacotille n'a jamais ce niveau de détail.
  3. L'absence totale d'oxydation verte (vert-de-gris) : Contrairement au plaqué or qui finit par s'écailler en laissant apparaître un métal terne, ou au cuivre qui verdit avec le temps et la sueur, un bijou en Pinchbeck vieux de deux siècles aura gardé une couleur jaune éclatante et uniforme, malgré les frottements et l'usure.

Le monde des métaux anciens réserve des surprises incroyables à ceux qui savent regarder. Pour apprendre à déchiffrer les poinçons, identifier le plaqué or "fix" ou reconnaître l'argent massif, consultez nos guides dédiés dans la rubrique expertise de notre blog.


Vous avez chiné un bijou très lourd, d'un jaune éclatant, sans poinçon, et vous soupçonnez qu'il s'agisse de véritable Pinchbeck ancien plutôt que d'un simple métal doré ?

Ne passez pas à côté d'une belle estimation ! Pour une expertise gratuite, passionnée et confidentielle, envoyez-nous des photos nettes de votre bijou et de ses fermoirs par e-mail à : estimationbrocante@gmail.com

Merci de suivre nos aventures sur www.reussirdanslabrocante.fr. N'oubliez pas : tout ce qui brille n'est pas d'or, mais parfois, c'est tout aussi précieux !

 
 

 

 

 
 
 

 

Ajouter un commentaire

Commentaires

Il n'y a pas encore de commentaire.

Créez votre propre site internet avec Webador