Chiner du Le Pho : Le trésor d'Indochine qui dort dans les successions françaises
C'est le rêve de tout chineur : vider une maison de famille dont les ancêtres ont vécu en Asie, et tomber sur une délicate peinture représentant de gracieuses jeunes femmes asiatiques. Si vous êtes face à une œuvre de Le Pho (1907-2001), vous venez peut-être de gagner au loto de la brocante !
Formé à la célèbre École des Beaux-Arts de l'Indochine (fondée par le Français Victor Tardieu) à Hanoï, Le Pho s'installe définitivement à Paris en 1937. Il y vivra toute sa vie, mariant avec un talent fou la délicatesse des traditions asiatiques et les couleurs de la peinture postimpressionniste française (il adorait Pierre Bonnard et Odilon Redon). Aujourd'hui, les nouveaux collectionneurs vietnamiens fortunés s'arrachent ses œuvres pour rapatrier leur patrimoine, faisant flamber sa cote à des centaines de milliers, voire des millions d'euros. Or, comme il a vendu énormément de toiles en France, beaucoup dorment encore dans l'Hexagone !
L'astuce de l'expert : Comment reconnaître une œuvre de Le Pho ?
Le Pho a eu plusieurs "périodes" (une période romaine, une période Findlay), mais son style reste empreint d'une poésie et d'une douceur incomparables. Voici ce que vous devez chercher :
- Le support : La peinture sur soie (ou l'huile sur toile). C'est la grande spécialité de sa première période (la plus cotée). Il peignait à l'encre et à la gouache sur de minces morceaux de soie, ensuite marouflés (collés) sur du papier. Avec le temps, ces soies ont souvent jauni ou bruni. Plus tard, il a beaucoup peint à l'huile sur toile, avec une matière très généreuse et lumineuse.
- Les sujets : Maternités, Ao Dai et bouquets. Le Pho est le peintre de l'élégance féminine. Ses sujets de prédilection sont les jeunes femmes vietnamiennes vêtues de l'Ao Dai (la longue tunique traditionnelle), souvent en train de lire, de coudre, ou de s'occuper d'enfants dans des jardins paradisiaques. Il a également peint de somptueux et foisonnants bouquets de fleurs (pivoines, lys, tulipes). Les visages de ses personnages sont allongés, doux et sereins.
- La signature : "Le Pho" et les caractères. C'est le détail qui tue. Le Pho signait presque toujours en bas (souvent à droite). Il écrivait "Le Pho" (ou "LE PHO") en lettres occidentales fines et élégantes. Juste à côté de cette signature, il apposait systématiquement son nom en caractères chinois/vietnamiens tracés au pinceau, et parfois un petit cachet rouge.
Vous avez hérité d'une peinture asiatique familiale ou trouvé une toile florale signée Le Pho ? La plus grande prudence s'impose ! Ces œuvres sont fragiles (surtout la soie) et les faux commencent à circuler. Prenez en photo le recto, le verso (très important pour les étiquettes de galeries d'époque !) et les détails de la signature, et contactez-nous pour une estimation gratuite : estimationbrocante@gmail.com
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