Le sommet de l'élégance : Identifier un vase de l'époque Yongzheng (1723-1735)
Si le règne de son successeur, Qianlong, sera marqué par l'exubérance et la profusion de couleurs, l'empereur Yongzheng est, lui, un souverain au goût extrêmement sûr, exigeant et délicat. Il supervisait personnellement la production des fours impériaux de Jingdezhen !
En résulte une production céramique d'une pureté et d'une perfection technique inégalées dans toute l'histoire de la Chine. Un authentique vase Yongzheng est une pièce de musée qui fait trembler les salles des ventes. Voici 4 critères pour tenter de l'identifier.
1. La perfection absolue de la pâte et de la forme
L'art de Yongzheng est féminin, délicat et parfaitement proportionné.
- La porcelaine est d'une finesse incroyable, presque translucide sur les pièces les plus petites.
- La couverte (l'émail blanc de fond) est d'une pureté saisissante. Finie la petite teinte bleutée des Ming ou la future « peau d'orange » de l'époque Guangxu : le blanc Yongzheng est dense, lisse comme la soie et immaculé.
- Les formes sont épurées, classiques, avec des courbes d'une grâce absolue (vases bouteilles, vases amphores, coupes délicates).
2. L'âge d'or de la "Famille Rose" (Fencai)
C'est sous Yongzheng que les émaux de la Famille Rose atteignent leur perfection.
- Les artisans maîtrisent parfaitement l'opacification des émaux (grâce à l'arséniate de plomb), ce qui leur permet de créer de véritables dégradés de couleurs, très doux et subtils.
- Les décors sont raffinés et aérés : on y trouve souvent de somptueuses branches florales (pivoines, pêchers en fleurs) qui semblent s'enrouler délicatement autour du vase, des papillons ou des petits oiseaux. Le vide (le blanc du vase) a autant d'importance que le décor.
3. Les monochromes : l'art de la couleur pure
Yongzheng était un grand amateur de céramiques anciennes (notamment de la dynastie Song) et adorait les glaçures d'une seule couleur.
- On trouve sous son règne des vases monochromes d'une qualité époustouflante : « clair de lune » (un bleu très pâle), céladon vert d'eau, jaune citron impérial, ou encore rouge « sang de bœuf ».
- Ces vases sont d'un tel niveau de perfection qu'ils se suffisent à eux-mêmes, sans aucun décor peint.
4. La marque (Nianhao) : un modèle de calligraphie
L'exigence de l'empereur se retrouve jusque sous la base du vase !
- La marque impériale à six caractères Da Qing Yongzheng Nian Zhi est généralement inscrite en bleu sous couverte.
- Contrairement aux marques sigillaires (style sceau carré) qui deviendront la norme sous Qianlong, la marque Yongzheng est presque toujours calligraphiée en style régulier (Kaishu).
- Le tracé est rigoureux, extrêmement net, souvent entouré d'un double cercle bleu.
Le verdict du chineur
Un vase d'une élégance rare, une porcelaine fine au blanc soyeux, un décor floral aux dégradés pastels parfaits et une marque régulière au trait impeccable ? Vous êtes peut-être face à l'une des pièces les plus prestigieuses et recherchées du marché de l'art mondial ! Attention toutefois : en raison de leurs prix astronomiques, les vases Yongzheng sont les plus copiés au monde (dès le 19e siècle, et massivement aujourd'hui).
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