Yabu Meizan : Le maître de la miniature sur faïence à dénicher aux enchères
Dans les allées des salons d'antiquaires, vous êtes peut-être déjà tombé en arrêt devant ces petites poteries japonaises à glaçure ivoire, recouvertes de décors polychromes et d'or. Il s'agit de la céramique dite de "Satsuma". Si la production a été massive (et de qualité très inégale) à la fin du 19ème siècle pour satisfaire le goût occidental, un atelier s'est démarqué par un niveau de perfection absolu : celui de Yabu Meizan (1853–1934).
Installé à Osaka (et non dans la province de Satsuma), Meizan ne tournait pas ses propres vases, mais achetait des pièces vierges (les "blancs") de très haute qualité pour y appliquer ses décors avec son armée de peintres d'élite.
Que chercher de l'atelier Yabu Meizan sur le marché des antiquités ?
Le style de Yabu Meizan est souvent qualifié de "microscopique". Il faut presque une loupe pour en apprécier la virtuosité.
1. Des scènes d'une minutie vertigineuse : Là où les ateliers courants peignaient de gros samouraïs ou des divinités de façon un peu caricaturale, Yabu Meizan se spécialise dans les scènes de la vie quotidienne, les festivals ou les processions de minuscules personnages (parfois des centaines sur un petit bol !), le tout peint avec des poils de pinceau uniques.
2. Les frises géométriques et naturalistes : C'est sa signature visuelle. Ses vases sont souvent ceints de frises extrêmement serrées représentant des mille-fleurs (chrysanthèmes, pivoines), des nuées de papillons hyper-réalistes ou des motifs géométriques d'or d'une régularité absolue.
Le verdict du chineur
Comment différencier une pièce de Yabu Meizan d'un Satsuma d'exportation de qualité moyenne ?
D'abord, le fond : la terre cuite doit être d'une belle couleur crème chaleureuse, couverte d'un réseau de minuscules craquelures très régulières (le tressaillage de l'émail). Ensuite, la peinture : passez votre doigt doucement sur le décor, vous devez sentir un très léger relief dû à l'épaisseur des émaux. L'or utilisé doit être pur et ne jamais paraître "cuivré" ou criard.
La signature est votre Graal : Yabu Meizan signait presque toujours ses œuvres. Cherchez sous la base un très petit sceau (souvent carré) peint en or fin, contenant les idéogrammes de son nom.
Attention, ces pièces sont fragiles et la moindre égrenure (petit éclat) fait baisser la cote, même si des restaurations anciennes au kintsugi (laque et poudre d'or) peuvent apporter un charme supplémentaire.
Vous avez mis la main sur un petit bol en céramique craquelée recouvert de dizaines de minuscules personnages ou papillons peints ? Prenez votre loupe de diamantaire, photographiez la base, et envoyez-nous vos clichés sur estimationbrocante@gmail.com !
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