Shibayama Doshin : Le maître des incrustations précieuses à débusquer en salle des ventes
À la fin de l'époque d'Edo (fin du XVIIIe siècle), Shibayama Doshin invente une technique si spectaculaire qu'elle va devenir un genre à part entière, sobrement baptisé "le style Shibayama".
L'idée ? Au lieu de sculpter une seule matière, Doshin décide d'incruster en très haut-relief une multitude de matériaux précieux sur un support de laque, de bois ou d'ivoire. Ce style flamboyant va connaître un succès phénoménal pendant l'ère Meiji (1868-1912), exporté vers les riches demeures victoriennes européennes.
Que chercher du style Shibayama sur le marché de l'art ?
Les œuvres de l'école Shibayama ressemblent à de véritables boîtes à bijoux. Chaque pièce est un festival de couleurs et de textures.
1. La symphonie des matériaux : Sur une boîte en laque d'or ou un panneau d'ivoire, les artisans Shibayama venaient sculpter et incruster de la nacre (iridescente), du corail (rouge vif), de l'écaille de tortue, de la corne de rhinocéros, de la malachite ou encore de l'argent. Les motifs sont souvent des scènes d'oiseaux dans des branches de cerisier, des paniers de fleurs débordants ou des divinités taoïstes.
2. Les petits objets du lettré : Si les grands paravents Shibayama sont réservés aux musées, on trouve encore en brocante de sublimes inro (petites boîtes à compartiments), des étuis à cartes de visite, des manches d'ombrelles ou de petits plateaux décoratifs couverts de ces incrustations magiques.
Le verdict du chineur
Comment expertiser une pièce Shibayama et éviter les nombreuses contrefaçons tardives ?
Le principal défaut (et indice d'authenticité) de ces objets est leur fragilité. La colle à base de riz utilisée à l'époque se dégrade avec le temps. Il est très fréquent (et normal) qu'il manque quelques petits morceaux de nacre ou de corail sur une pièce ancienne. Une pièce "trop parfaite" avec des matériaux qui semblent synthétiques doit vous alerter.
Examinez les incrustations à la loupe. Dans un vrai travail de l'école Shibayama, les morceaux incrustés ne sont pas plats ! Chaque pétale de fleur en nacre, chaque plume d'oiseau en corne est sculpté et gravé avant d'être inséré dans le support. Il y a un véritable relief, comme une sculpture en 3D qui ressortirait de la boîte.
La signature est une pépite à chercher : les maîtres de cette école (comme Ekisei ou Yasumasa) signaient souvent leur nom sur un minuscule morceau rectangulaire de nacre ou d'écaille rouge, qu'ils incrustaient dans l'objet, comme un sceau.
Vous avez trouvé au fond d'un tiroir une petite boîte japonaise où des oiseaux en nacre et corail en relief semblent prêts à s'envoler ? Manipulez-la avec une extrême précaution et envoyez-nous vos plus belles trouvailles sur estimationbrocante@gmail.com !
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