Komai Otojiro : Le seigneur du fer et de l'or à dénicher en brocante
Pendant des siècles, la famille Komai fabriquait et décorait les sabres des samouraïs. Mais avec l'interdiction du port du sabre en 1876 (édit Haitōrei), l'artisanat vacille. Komai Otojiro (1842-1917) a alors une idée de génie : appliquer les techniques de décoration des sabres à des objets du quotidien (vases, boîtes à pilules, cabinets miniatures, étuis à cigarettes) destinés aux riches Occidentaux.
Il porte à son paroxysme la technique du nunome-zogan (damas). Le principe ? L'artisan grave un fin quadrillage sur un fond en fer noirci, puis y incruste au marteau de minuscules fils d'or et d'argent purs pour créer des motifs éblouissants.
Que chercher des ateliers Komai sur le marché ?
Le style Komai est immédiatement reconnaissable, jouant sur le contraste dramatique entre le noir profond du fer patiné et l'éclat de l'or et de l'argent.
1. Des motifs d'une densité étourdissante : Otojiro ne laissait aucun espace vide. Ses œuvres sont de véritables encyclopédies visuelles du Japon : vues du mont Fuji, temples de Kyoto, dragons sinueux, phénix, entrelacés de frises géométriques microscopiques (feuilles de chanvre, grecques) qui nécessitent une loupe pour être pleinement appréciées.
2. Les petits objets de "poche" et de vitrine : Si les grands plats sont rares, les objets de petite taille sont plus fréquents en brocante. On trouve parfois de sublimes étuis à cigarettes ou de petits coffrets à bijoux en forme de pagode, rapportés par des voyageurs européens à la Belle Époque.
Le verdict du chineur
Le succès de Komai fut tel que son style fut énormément copié ("style Komai"). Comment repérer une pièce authentique ?
D'abord, le test de l'aimant ! Le véritable damas de Komai est réalisé sur une base de fer (qui est ensuite traitée pour ne pas rouiller et devenir noir mat). L'aimant doit y adhérer fortement. Les copies modernes ou les alliages bon marché réagiront différemment.
Ensuite, caressez l'objet (délicatement). Le travail du nunome-zogan est une incrustation. Au toucher, on sent une très légère texture là où l'or et l'argent ont été martelés dans le fer. Si la surface est parfaitement lisse et brillante comme de la peinture, passez votre chemin.
Enfin, cherchez la signature. Les œuvres de l'atelier Komai sont souvent signées d'un petit cartouche carré (souvent en or) incrusté sous la base, portant le nom "Komai de Kyoto", et parfois flanqué de l'emblème de la libellule, symbole de l'atelier.
Vous venez de dénicher une lourde petite boîte noire aux reflets d'or, représentant un paysage japonais d'une finesse inouïe ? Protégez-la de l'humidité (l'ennemi juré du fer) et envoyez-nous vos plus belles photos macro sur estimationbrocante@gmail.com !
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