Le Pho (1907-2001) : De la soie délicate aux jardins explosifs de couleurs
Après avoir exploré la douce nostalgie de Mai Thu, restons au cœur de cette fabuleuse génération de l'École des Beaux-Arts de l'Indochine pour aborder un véritable géant : Le Pho (Lê Phổ).
Installé en France dès 1937, tout comme son ami Mai Thu, Le Pho a su créer un pont majestueux entre l'esthétique asiatique et l'influence des post-impressionnistes français comme Pierre Bonnard ou Odilon Redon. En cette année 2026, la demande pour ses œuvres ne montre aucun signe de ralentissement, bien au contraire !
Deux périodes, deux styles fascinants
La carrière de Le Pho est particulièrement intéressante pour les chineurs et collectionneurs, car elle se divise en deux périodes très distinctes :
1. La période Romanet (Les années de jeunesse et la soie) : Jusqu'aux années 1940-1950, Le Pho peint principalement sur soie. Son style est marqué par des personnages aux silhouettes allongées (influencées par Modigliani), des femmes diaphanes, des madones vietnamiennes et des tons subtils, presque transparents. Ces œuvres, extrêmement délicates, dégagent une mélancolie profonde.
2. La période Findlay (L'explosion de la peinture à l'huile) : À partir des années 1960, Le Pho signe un contrat exclusif avec la galerie américaine Wally Findlay. Il abandonne presque totalement la soie pour la peinture à l'huile sur toile. Sa palette explose : des jaunes éclatants, des verts profonds, des rouges vibrants. Ses sujets de prédilection deviennent les bouquets de fleurs opulents et les jeunes femmes élégantes se promenant dans des jardins lumineux.
Une envolée spectaculaire sur le marché de l'art
Si les toiles florales de sa période Findlay se vendent généralement entre 50 000 et 150 000 euros, ce sont ses premières œuvres sur soie qui affolent les compteurs des maisons de ventes internationales.
L'élégance de ses portraits de la première période s'arrache à prix d'or. En 2022, son chef-d'œuvre Figures dans un jardin s'est envolé pour 2,2 millions de dollars à Hong Kong, confirmant son statut d'icône absolue du marché de l'art asiatique.
Le conseil du chineur : Les étiquettes "Wally Findlay"
Le Pho a été extrêmement prolifique, particulièrement dans la seconde moitié de sa vie. La galerie Findlay a exporté ses tableaux par milliers, notamment vers les États-Unis et l'Europe. Il n'est donc pas rare que des toiles de cette époque dorment encore dans des successions ou de belles demeures bourgeoises.
L'astuce en vide-maison ou en salle des ventes de province :
- Retournez les tableaux ! Les œuvres de sa seconde période portent très souvent au dos l'étiquette de la galerie Wally Findlay (une étiquette blanche et or) ou de la Galerie Romanet pour les œuvres un peu plus anciennes.
- Cherchez sa signature typique : Le Pho signait généralement en bas à droite, en caractères romains classiques ("Le Pho") accompagnés juste au-dessus ou à côté de sa signature en caractères chinois/vietnamiens à l'encre noire, souvent encadrée d'un petit sceau rouge.
Ne négligez aucune toile florale post-impressionniste qui vous semblerait mêler une touche très "française" à une délicatesse toute asiatique !
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