Vu Cao Dam (1908-2000) : Quand la sculpture rencontre la poésie sur toile

Publié le 21 juin 2026 à 16:45

Vu Cao Dam (1908-2000) : Quand la sculpture rencontre la poésie sur toile

Si les noms de Mai Thu et Le Pho résonnent comme des évidences pour les collectionneurs d'art asiatique en 2026, celui de Vu Cao Dam (Vũ Cao Đàm) suscite souvent une émotion toute particulière.

Arrivé en France en 1931 à l'occasion de l'Exposition Coloniale de Paris, il ne quittera plus jamais son pays d'adoption. Mais son parcours se distingue radicalement de celui de ses compatriotes : c'est par la terre et le bronze qu'il a d'abord exprimé son talent.

D'abord un sculpteur d'exception...

Lorsqu'il intègre l'École des Beaux-Arts de l'Indochine en 1926 (dans la deuxième promotion), Vu Cao Dam choisit le département de sculpture. Il y excelle. Ses bustes de jeunes femmes, de mandarins ou de paysans vietnamiens, réalisés en bronze ou en terre cuite, sont d'une expressivité et d'une finesse inouïes.

Cependant, pendant la Seconde Guerre mondiale, le bronze vient à manquer cruellement en France. Ajouté à cela, de graves crises d'asthme l'empêchent de continuer à respirer la poussière de la pierre et de la terre. Contraint d'abandonner son art premier, il se tourne alors vers la peinture.

... Puis un peintre sous le soleil de Chagall

Dans les années 1950, Vu Cao Dam s'installe dans le Sud de la France, à Vence. C'est là que sa peinture va prendre une dimension unique. Il devient le voisin et l'ami d'un certain Marc Chagall.

L'influence du maître de Vitebsk se fait ressentir dans l'œuvre du peintre vietnamien : sa palette s'éclaircit pour adopter des tons pastel, poudrés et oniriques (des bleus célestes, des blancs laiteux, des lilas). Ses sujets flottent presque dans l'espace, mêlant le folklore vietnamien, les cavaliers, les lettrés, les poètes et les scènes de maternité dans des paysages irréels du sud de la France.

Une cote à deux visages sur le marché de l'art

Aujourd'hui, l'œuvre de Vu Cao Dam est doublement recherchée :

  1. Ses toiles et soies : Tout comme Le Pho, il a été représenté par la galerie américaine Wally Findlay. Ses peintures à l'huile circulent abondamment et se négocient régulièrement entre 30 000 et 100 000 euros selon la période et le sujet. Ses rares peintures sur soie d'avant-guerre, elles, peuvent dépasser les 500 000 euros.
  2. Ses sculptures : C'est le Graal absolu pour les collectionneurs ! Les bronzes de Vu Cao Dam (fondus pour la plupart par les célèbres fonderies Susse ou Valsuani à Paris) sont rarissimes. Lors de leurs rares apparitions aux enchères, ils créent l'événement et s'arrachent à des prix spectaculaires.

Le conseil du chineur : Ouvrez l'œil sur les bustes !

Parce qu'il a vécu de nombreuses années en France et qu'il acceptait parfois des commandes de portraits pour la bourgeoisie parisienne dans les années 30, il est tout à fait possible de croiser une sculpture de Vu Cao Dam dans une succession française.

L'astuce de pro :

  • En brocante : Ne négligez aucun buste en bronze ou en terre cuite aux traits asiatiques des années 1930.
  • La signature : Sur ses sculptures, cherchez la signature "V. Cao Dam" souvent gravée à la base du cou ou sur le socle, accompagnée du cachet du fondeur (Susse Frères, Hébrard, Valsuani).
  • Pour les tableaux : Comme pour Le Pho, n'oubliez pas de vérifier le dos des toiles pour repérer les étiquettes de la Galerie Findlay ou de la Galerie Romanet !

Ajouter un commentaire

Commentaires

Il n'y a pas encore de commentaire.

Créez votre propre site internet avec Webador