André Maire (1898-1984) : L'Indochine monumentale à la pointe du fusain

Publié le 21 juin 2026 à 16:41

André Maire (1898-1984) : L'Indochine monumentale à la pointe du fusain

Lorsque l'on parle de l'art colonial et des peintres voyageurs de la première moitié du XXe siècle, un nom revient inlassablement sur les lèvres des marchands et des commissaires-priseurs : André Maire.

Beau-frère du célèbre peintre Émile Bernard, André Maire était un homme à la bougeotte incurable. S'il a voyagé en Italie, en Espagne, en Afrique ou à Madagascar, c'est son long séjour en Indochine (de 1948 à 1958) qui a le plus marqué les esprits et le marché de l'art. Professeur de dessin à l'École d'Architecture de Saïgon, il a arpenté la péninsule indochinoise avec un appétit féroce pour ses paysages et ses monuments.

Le bâtisseur de papier et les ruines d'Angkor

Oubliez les délicates peintures sur soie ou les laques précieuses. L'arme de prédilection d'André Maire, c'est le crayon, le fusain et surtout la sanguine (cette craie de couleur terre battue/rouge).

Maire avait une fascination absolue pour l'architecture monumentale et la façon dont la jungle reprenait ses droits sur la pierre. Ses œuvres les plus magistrales et les plus recherchées représentent les temples khmers d'Angkor au Cambodge, ou les pagodes vietnamiennes enfouies dans la végétation. Ses dessins sont d'une précision architecturale folle, tout en dégageant une atmosphère mystique, presque théâtrale.

Un marché accessible mais en pleine ascension en 2026

Voici la bonne nouvelle pour vos lecteurs collectionneurs : contrairement à un Le Pho ou un Nguyen Phan Chanh qui nécessitent un compte en banque de millionnaire, André Maire reste (relativement) abordable, bien que sa cote grimpe en flèche depuis quelques années.

En 2026, on peut encore trouver de jolis dessins préparatoires entre 800 et 2 000 euros. Ses grandes compositions très abouties (surtout les vues d'Angkor à la sanguine) se négocient plutôt entre 4 000 et 12 000 euros, voire un peu plus pour de grandes huiles sur toile ou des panneaux en laque (car il s'y est aussi essayé !).

Le conseil du chineur : Les grands cartons à dessins !

André Maire était un boulimique du travail. Il a rapporté d'Indochine des milliers de feuilles, d'esquisses et de carnets. Il est donc l'un des artistes de cette période que vous avez le plus de probabilités de dénicher au fond d'une malle en France !

L'astuce de pro pour vos retours de brocante :

  • La technique et le support : Cherchez des dessins de grand format (souvent du format "raisin" 50x65 cm), réalisés sur des papiers un peu épais ou teintés. La sanguine (rouge/brun), le fusain (noir) et la craie blanche (pour les rehauts de lumière) sont sa sainte trinité.
  • Les thèmes : Des ruines mangées par des racines géantes (les fameux fromagers d'Angkor), des bonzes en prière, des éléphants de bât, des jonques sur le Mékong.
  • La signature : Elle est généralement très classique, en lettres majuscules d'imprimerie : "ANDRÉ MAIRE", souvent suivie de la date et de la localisation (ex: "ANGKOR 1950").

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