Alix Aymé (1894-1989) : La magie de la laque au bout des doigts

Publié le 21 juin 2026 à 16:57

Alix Aymé (1894-1989) : La magie de la laque au bout des doigts

Le monde de l'École des Beaux-Arts de l'Indochine n'était pas qu'une affaire d'hommes. Parmi les professeurs qui ont façonné cette génération dorée, une Française a laissé une empreinte indélébile : Alix Aymé.

Proche de l'artiste Maurice Denis dans sa jeunesse, cette grande voyageuse a vécu en Chine et au Vietnam. Professeur à Hanoï, elle s'est passionnée pour une technique artisanale locale en perdition : la laque. Plutôt que de s'en servir uniquement pour des plateaux ou des meubles, Alix Aymé a eu l'idée de génie de l'élever au rang des beaux-arts, en créant de véritables tableaux en laque, incrustés de coquilles d'œuf et de feuilles d'or.

La laque : un art de la patience extrême

Si vous trouvez les peintures à l'huile complexes, attendez de découvrir la laque ! Ce médium nécessite la sève d'un arbre spécifique, toxique à l'état brut. Alix Aymé superposait des dizaines de couches de laque, ponçant chaque strate sous l'eau pendant des semaines pour obtenir une surface lisse comme un miroir, d'une profondeur inouïe.

Elle peignait des scènes d'une grande tendresse : des mères à l'enfant, des jeunes femmes vietnamiennes dans des jardins luxuriants, ou des paysages baignés de brume dorée.

Des prix qui s'enflamment sur le marché de 2026

Alix Aymé a longtemps été sous-estimée par rapport à ses collègues masculins, mais cette injustice est aujourd'hui totalement réparée. En 2026, le marché de l'art s'arrache ses œuvres.

Si ses petites aquarelles ou esquisses sur papier peuvent encore se chiner entre 1 500 et 4 000 euros, ses panneaux en laque sont le véritable Graal. Les prix ont explosé : un beau panneau en bon état se négocie allègrement entre 30 000 et 100 000 euros, avec des records bien plus élevés pour ses paravents monumentaux.

Le conseil du chineur : Ne confondez pas laque et vernis !

On trouve énormément de "tableaux asiatiques noirs et dorés" dans les vide-greniers. 99% du temps, ce sont des souvenirs pour touristes des années 70, faits avec du simple vernis synthétique.

L'astuce de pro pour vos chasses au trésor :

  • Le test de la profondeur : Une véritable laque végétale d'Indochine (réalisée par Aymé ou ses élèves) possède une profondeur visuelle incomparable. Les couches d'or, d'argent ou de cinabre (rouge) semblent flotter sous la surface, et non être simplement posées dessus.
  • La coquille d'œuf : C'était la signature visuelle de l'atelier de Hanoï. Les blancs éclatants (souvent utilisés pour les vêtements ou les visages) n'étaient pas peints, mais réalisés avec des milliers de minuscules fragments de coquilles d'œuf pilées et incrustées une à une. Si vous voyez ça à la loupe, votre cœur peut commencer à battre plus vite !
  • La signature : Alix Aymé signait souvent délicatement en lettres majuscules : "ALIX AYMÉ", parfois incisée directement dans la laque, dans un coin du panneau.

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