Vu Cao Dam (1908-2000) : De la terre de Hanoï à la lumière de Vence
Lorsque l'on étudie la fameuse École des Beaux-Arts de l'Indochine, un trio d'élèves stars se détache souvent : Le Pho, Mai Thu, et Vu Cao Dam. Si les deux premiers sont mondialement connus pour leurs peintures sur soie, Vu Cao Dam, lui, est entré dans l'histoire par une autre porte : le département de sculpture.
Fils d'une riche famille catholique et francophone, il se passionne très tôt pour le modelage. Arrivé en France en 1931 pour l'Exposition Coloniale, il décide de s'y installer définitivement, devenant l'un des artistes asiatiques les plus en vue de l'Hexagone.
Le tournant de Vence et l'influence de Chagall
Si ses débuts sont marqués par des sculptures magistrales (bustes de paysans, portraits de jeunes filles), la Seconde Guerre mondiale va changer la donne. Le bronze devenant introuvable et hors de prix, Vu Cao Dam se tourne peu à peu vers la peinture (la soie, puis l'huile sur toile).
Dans les années 1950, il s'installe à Vence, dans le sud de la France. Il y devient le voisin et l'ami d'un certain... Marc Chagall. L'influence du maître russe sur Vu Cao Dam est frappante : ses toiles se remplissent de couleurs oniriques, de bleus profonds, de cavaliers flottants et de jeunes femmes vietnamiennes idéalisées baignant dans une lumière provençale.
Un marché à deux visages en 2026
Sur le marché de l'art actuel, Vu Cao Dam offre deux terrains de jeu très distincts pour les collectionneurs :
- Les peintures : Très abondantes car il a peint jusqu'à la fin de sa vie, elles se négocient entre 15 000 et 80 000 euros en moyenne, avec des envolées pour ses œuvres des années de transition (1940-1950).
- Les sculptures : C'est là que réside le véritable trésor ! Ses bronzes des années 30 sont d'une rareté absolue. Un beau buste en bronze de l'époque indochinoise ou de son arrivée à Paris peut facilement dépasser les 100 000 à 200 000 euros aux enchères.
Le conseil du chineur : Traquez les bronzes oubliés
Vu Cao Dam a eu une longue et prolifique carrière en France. Ses œuvres ont été achetées par de nombreux bourgeois français de l'après-guerre.
L'astuce de pro pour vos chasses au trésor :
- Les bronzes de fonderie française : Ses bustes en bronze ont souvent été fondus en France. Cherchez les cachets des grands fondeurs parisiens de l'époque, comme Valsuani ou Susse Frères, souvent estampillés à l'arrière du cou ou sur la base.
- La signature sculptée : Sur ses sculptures, il signait le plus souvent en lettres cursives, incisées dans la terre ou la cire avant la fonte : "Vu Cao Dam" ou parfois simplement "V.C. Dam".
- Les terres cuites : Avant de fondre en bronze, il réalisait des tirages en terre cuite. Ces pièces, de couleur brique/rosée, sont extrêmement fragiles et s'écaillent facilement, mais elles ont une valeur marchande énorme. Ne passez pas à côté d'un buste asiatique en terre cuite sans l'examiner à la loupe !
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