comment reconnaître un flacon à tabac chinois en brocante
Au milieu des bibelots d'un stand de vide-grenier, il n'est pas rare de tomber sur une toute petite fiole asiatique, pas plus grande que la paume de la main, souvent surmontée d'un bouchon coloré. Ce sont des "flacons à tabac" (ou snuff bottles en anglais).
Apparus en Chine sous la dynastie Qing (17ème siècle), ils servaient à conserver le tabac en poudre, prisé par la noblesse et les lettrés pour ses vertus médicinales supposées. Aujourd'hui, ce sont des objets de collection mondiaux. Mais entre un authentique flacon du 19ème siècle et un souvenir pour touriste des années 2000, le prix passe de quelques euros à plusieurs milliers. Voici comment avoir l'œil.
le secret du bouchon et de la cuillère
C'est le premier réflexe que doit avoir un chineur de tabatières : ouvrez le flacon. À l'origine, le tabac en poudre devait être extrait en toute petite quantité. Le bouchon (souvent en pierre dure, corail ou verre) doit donc obligatoirement être prolongé par une minuscule cuillère qui plonge dans le flacon.
- Sur un flacon ancien et de qualité, cette cuillère est en os, en ivoire, en écaille, en bois précieux ou en métal fin.
- Si vous dévissez le bouchon et trouvez une tige en plastique blanc grossier, ou si la tige est collée avec d'énormes paquets de colle jaune moderne, vous avez probablement affaire à une copie très récente ou à un objet "décoratif" bon marché.
le cas des flacons "peints de l'intérieur"
C'est l'une des techniques les plus fascinantes de l'artisanat chinois. De nombreux flacons en verre ou en cristal de roche sont décorés de paysages ou de portraits... peints à la main depuis l'intérieur, en passant un pinceau courbé par le goulot de quelques millimètres !
- Le test de la loupe : Sur les marchés, on trouve énormément de faux flacons peints de l'intérieur. En réalité, le dessin est un décalcomanie ou une impression numérique insérée puis collée. Prenez votre loupe et regardez les détails : si vous voyez des pixels d'impression (une trame de petits points réguliers), c'est une reproduction moderne. Si vous distinguez de vrais coups de pinceau, d'infimes variations d'épaisseur de peinture et de légers reliefs, c'est du travail manuel.
examiner la matière et le cul du flacon
Les artisans chinois utilisaient toutes les matières nobles pour ces objets de prestige : verre de Pékin (un verre multicouche souvent sculpté comme des camées), jade, agate, lapis-lazuli, porcelaine ou encore laque de cinabre.
Méfiez-vous de la résine moulée qui imite l'ivoire ou l'os (souvent vendue comme "os de yack" ou fausse corne). Une résine sera tiède au toucher, légère, et présentera parfois des traces de moulage sur les arêtes.
Regardez toujours la base du flacon (le talon). Les vieux flacons en verre de Pékin ont une base creusée très proprement, souvent bien lisse et usée par le temps. Si la base est coupée de façon très brute, presque coupante, c'est une production industrielle hâtive. Attention aussi aux fausses marques "Qianlong" gravées sous les flacons modernes : l'usure générale de l'objet vous en dira beaucoup plus que la signature.
Et vous, avez-vous déjà prêté attention à ces minuscules flacons lors de vos dimanches de chine ? Possédez-vous une "snuff bottle" dans vos collections ? Partagez vos trouvailles en commentaire !
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