comment reconnaître de vrais émaux cloisonnés anciens en brocante
Sur une nappe de vide-grenier, impossible de les rater. Ces vases, coupelles ou petites boîtes aux couleurs éclatantes, décorés de fleurs de lotus ou de dragons, attirent tout de suite l'œil. On les appelle les "émaux cloisonnés".
Cette technique ancestrale (très maîtrisée en Chine et au Japon) consiste à souder de minuscules fils de cuivre ou de laiton sur un objet en métal pour créer des petites "cellules" (les cloisons). L'artisan vient ensuite y déposer de la poudre d'émail colorée avant de cuire le tout à très haute température. C'est un travail d'une minutie folle. Mais comment faire la différence entre une belle pièce du 19ème siècle et une production touristique des années 1980 ? Sortez votre loupe, voici les secrets des chineurs.
le poids : le premier indice
Dès que vous prenez un émail cloisonné en main, votre poignet doit vous parler. Une vraie pièce ancienne, surtout chinoise, est fabriquée sur une âme en cuivre, en laiton ou en bronze assez épaisse pour résister aux multiples cuissons au four. Un cloisonné ancien est donc lourd, dense et froid. Les productions modernes destinées à l'exportation et aux boutiques de souvenirs sont souvent faites sur de la tôle ultra-fine. Si le vase vous semble léger comme une plume et résonne "creux", ce n'est pas une antiquité.
chercher les petits défauts de cuisson (les "trous d'épingle")
C'est là que l'inspection devient fascinante. Sur les pièces anciennes (19ème siècle ou début 20ème), la maîtrise des fours n'était pas aussi parfaite qu'aujourd'hui.
Passez votre doigt sur la surface de l'émail, puis regardez-le de très près (ou à la loupe). Sur les cloisonnés anciens, vous verrez très souvent de minuscules petits trous dans l'émail coloré. Ce sont des bulles d'air qui ont éclaté pendant la cuisson, ce que les antiquaires appellent des "trous d'épingle" ou pitting en anglais. À l'inverse, un émail moderne sera parfaitement lisse, brillant et glacé, presque comme du plastique. La perfection est souvent l'ennemie de l'ancienneté !
observer les fils de métal (les cloisons)
Regardez comment les fils métalliques délimitent les couleurs.
- Sur une pièce de belle qualité : Les fils sont complexes, ils forment des motifs très détaillés, et surtout, ils suivent parfaitement les courbes du dessin. L'émail remplit bien chaque espace.
- Sur une pièce moderne ou bas de gamme : Les fils sont posés à la va-vite, les motifs sont grossiers, simplifiés. Parfois, la couleur déborde de la cloison, ou pire : il n'y a pas de fils du tout, c'est juste de la peinture en relief pour imiter l'effet cloisonné !
le détail qui tue : l'intérieur et le dessous (le contre-émail)
Ne regardez jamais seulement le décor principal. Retournez l'objet ! Pour éviter que le métal ne se déforme lors du refroidissement à la sortie du four, les artisans devaient aussi émailler l'intérieur du vase et son fond (le dessous). C'est ce qu'on appelle le "contre-émail".
Sur les cloisonnés chinois classiques, ce fond et cet intérieur sont très souvent recouverts d'un émail bleu turquoise (parfois bleu nuit). Sur les très belles pièces anciennes, cet émail peut présenter des irrégularités ou un aspect légèrement nuageux. Si l'intérieur est en métal brut, ou recouvert d'une peinture noire mate bas de gamme, passez votre chemin.
Et vous, avez-vous déjà craqué pour les couleurs éclatantes d'un vase en émail cloisonné lors d'une chine matinale ? Partagez vos plus belles trouvailles en commentaire !
Ajouter un commentaire
Commentaires