comment reconnaître les vrais émaux cloisonnés asiatiques anciens
Avec leurs motifs floraux complexes, leurs dragons sinueux et leurs couleurs éclatantes, les émaux cloisonnés attirent toujours l'œil sur une table de brocante. La technique est fascinante : l'artisan soude de minuscules fils de laiton ou de cuivre sur un objet en métal pour créer des "cloisons", qu'il remplit ensuite de pâte d'émail avant de cuire et de polir le tout.
Le problème ? La Chine en a produit massivement pour l'exportation au 20ème siècle. Voici comment trier le bon grain de l'ivraie et repérer l'antiquité véritable au milieu des souvenirs pour touristes.
le test du poids : le cuivre contre la tôle
La première chose à faire lorsque vous repérez un vase cloisonné, c'est de le soupeser. Les émaux cloisonnés anciens (de la dynastie Qing jusqu'au début de la période République) étaient fabriqués sur une base en cuivre ou en bronze coulé épais. L'objet doit vous surprendre par son poids. Il est lourd, dense et résonne de manière sourde.
À l'inverse, les productions modernes (à partir des années 1960/1970) sont souvent réalisées sur de la tôle fine ou des alliages très légers pour économiser la matière première. Si le vase vous semble léger comme une plume par rapport à sa taille, c'est une pièce récente de faible valeur.
le secret des "trous d'épingle" (les bulles d'air)
Voici l'astuce ultime des experts en art asiatique. Regardez la surface de l'émail de très près (sortez votre loupe de chineur !).
Autrefois, la cuisson de la pâte d'émail au four n'était pas parfaitement maîtrisée. L'air s'échappait et laissait à la surface de minuscules petits cratères, comme des pores de peau ou des trous d'aiguille. C'est ce qu'on appelle les "trous d'épingle". Sur un cloisonné ancien, la surface de l'émail n'est jamais parfaite, elle est poreuse, parfois un peu terne à cause des années, et les fils de laiton qui séparent les couleurs sont épais et usés.
Sur un cloisonné moderne, les fours industriels et les nouvelles pâtes (voire l'utilisation de résines colorées) donnent un résultat vitreux, brillant et parfaitement lisse. Si l'objet ressemble à du plastique poli ou à du verre immaculé sans aucune bulle, il est très récent.
l'attention portée aux détails invisibles
Un artisan du 19ème siècle soignait son œuvre de haut en bas. Regardez l'intérieur du vase ou le dessous de la base :
- Sur un ancien : L'intérieur et le dessous sont souvent recouverts d'un émail bleu turquoise (parfois vert) appliqué avec soin, ou bien le métal est joliment doré à l'or fin (une dorure qui a souvent pris une patine mate avec le temps).
- Sur un moderne : L'intérieur est souvent laissé brut, bâclé, ou recouvert d'un émail bleuté très irrégulier, criard et appliqué à la va-vite.
Avez-vous des émaux cloisonnés chez vous ? Pensez-vous qu'il s'agit de pièces anciennes ou de jolis objets de décoration modernes ? Filez les examiner à la loupe et dites-nous tout en commentaire !
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