Asahi Gyokuzan : Le génie de l'anatomie secrète à dénicher pour votre cabinet de curiosités
Dans la seconde moitié du XIXe siècle (ère Meiji), alors que la plupart des sculpteurs japonais (les kodoshi) taillent des divinités souriantes, des paysans heureux ou des animaux mignons pour plaire au marché de l'exportation occidental, Asahi Gyokuzan (1843-1923) choisit une voie radicalement différente, sombre et fascinante.
Gyokuzan est obsédé par l'anatomie et le thème du memento mori (souviens-toi que tu vas mourir). Il devient le maître incontesté du crâne humain sculpté en miniature. Ses pièces ne sont pas de petits netsuke utilitaires, mais des okimono (des pièces de vitrine destinées uniquement à la contemplation).
Que chercher de l'atelier d'Asahi Gyokuzan sur le marché ?
Trouver une œuvre de Gyokuzan est rarissime, mais elles apparaissent parfois dans d'anciennes collections bourgeoises qui finissent en salle des ventes ou en succession.
1. Le réalisme anatomique absolu (les crânes) : Contrairement aux autres sculpteurs qui copiaient des dessins, Gyokuzan aurait, selon la légende, étudié de véritables squelettes humains. Ses crânes, souvent sculptés dans de l'ivoire marin, du bois de cerf ou du buis, sont d'une précision clinique : les sutures crâniennes, la finesse des pommettes, l'absence de certaines dents (sculptées avec leurs racines visibles), tout y est d'un réalisme à donner le frisson.
2. Le mariage du macabre et du vivant : Gyokuzan ne se contentait pas de sculpter la mort. Il y ajoutait toujours la vie pour créer un contraste saisissant. Ses compositions les plus recherchées mettent en scène un crâne humain sur lequel rampe un serpent, s'enroule un cent-pattes, ou sur lequel est délicatement posée une grenouille ou une fleur de lotus en train de faner.
Le verdict du chineur
Comment authentifier le travail de ce maître de l'ombre face aux nombreuses (et souvent mauvaises) reproductions ?
Le niveau de détail est votre seul véritable juge. Observez l'œuvre à la loupe de bijoutier (compte-fils). Si vous regardez un crâne, l'intérieur des orbites et de la cavité nasale ne doit pas être un simple "trou" lisse. Gyokuzan creusait la matière pour reproduire les os internes du visage ! C'est cette prouesse technique, impossible à mouler en résine, qui signe la main du maître.
Examinez les matériaux. Gyokuzan utilisait des techniques de patine secrètes (parfois avec du thé ou de la cendre) pour donner à l'ivoire ou au bois de cerf l'aspect exact d'un vieil os jauni par les siècles, enterré puis exhumé.
Enfin, la boîte d'origine (tomobako) est primordiale. Ces objets de grand luxe étaient vendus dans des boîtes en bois de paulownia, sur lesquelles Gyokuzan apposait sa signature et son sceau rouge.
Vous avez trouvé, en vidant le grenier d'un lointain aïeul médecin ou voyageur, un petit crâne sculpté d'un réalisme déconcertant, sur lequel semble courir un lézard ? Conservez-le précieusement, prenez des macros en lumière naturelle et contactez-nous de toute urgence sur estimationbrocante@gmail.com !
La grande aventure de la chine continue, toujours plus surprenante, sur www.reussirdanslabrocante.fr !
Ajouter un commentaire
Commentaires